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‘Les camerounais sont fatigués de Paul Biya’

Présidentielle 2018: L’élite du Sud appelle Paul Biya à se représenter, les Sénateurs de la région du Centre appellent Paul Biya à faire acte de candidature pour la présidentielle 2018, les administrateurs civils de l’ENAM des promotions 1997 à 1999 appellent à une candidature de Paul Biya en 2018, une série d’attentats-suicides a fait au moins 28 victimes et 65 blessés dans le village de Bodo, situé dans l’extrême nord du Cameroun, lundi 25 janvier au matin, même sur une chaise roulante, il sera président, un quartier sans eau potable depuis 8 ans…voilà quelques faits divers parmi tant d’autres qui rythment ces derniers jours les causeries dans ce pays situé en Afrique centrale. Dans les palais et les chaumières, dans les gargotes, dans les salles de rédaction des journaux.

Chacun y va de sa rhétorique sur la morale qui agonise, sur la perte des valeurs, sur la dépravation de la jeunesse, sur une valorisation de la facilité qui est en train de construire son nid au Cameroun etc.

A croire que, qu’un malheur à la Sisyphe nous est tombé sur la tête tout d’un coup. Une question fondamentale mérite d’être posée à tous. On est où là ? On est bien là ! Présents devant nos hommes qui nous dirigent, et qui sont en train de manger beaucoup, en prenant soin d’essuyer bien leur bouche et qui n’hésitent pas à regagner leurs voitures et leurs villas rutilantes conséquences des deniers publics pillés à merveille On est bien là ! Contestataires à souhait dans nos salons ou nos chambres, contribuant sans état d’âme particulier à la réussite de ceux qui gèrent le pays et qui se permettent de tout, en toute quiétude. Et pourtant, plusieurs d’entre nous développent à longueur des journées des plaintes d’une misère que tous nous contribuons à créer et à entretenir. Tous, nous sommes responsables de notre misère. Si individuellement chacun trouve que “ça ne va pas” ou “ce n’est pas sérieux” la façon dont la nation est gérée, collectivement nous sommes tous complices de cette mauvaise gestion car n’ayant pas d’une seule voix et debout dénoncé cette situation.

On est bien là, mais, le silence nous rend coupables. Car “la liberté politique commence quand, dans la majorité du peuple, l’individu se sent responsable de la politique de la collectivité à laquelle il appartient “. La responsabilité est le garant de la liberté politique. Que laisserons-nous aux futures générations ? La question ne se pose pas. Certains pillent, d’autres regardent.Certains ont faim, la majorité d’ailleurs, pendant que d’autres mangent à satiété. Et “il n’y a rien à la cuisine, ni dans le cartable des enfants, ni dans les portes feuilles “Le présent déjà préoccupe si peu. Il faut avoir le courage de le dire : nous avons fortement contribué à instaurer cette paupérisation de nos valeurs sociétales.

On est bien là ! La “bouche cousue”, la queue entre les jambes, les bras croisés en train de donner notre accord à la consécration d’une monarchie qui aura raison et de nous, et de notre postérité. On est bien là, en troupeau soumis, bêlant, nous nous laissons entraîner dans ce voyage infernal. Nous osons endosser cette responsabilité historique d’une servitude quasi volontaire. On est bien là en train de construire un empire. On vous assure, le matin, de mille promesses ; le soir venu, on vous accable de mille trahisons. Presque aucun fruit ne tient la promesse des fleurs. Le contraire est tout aussi vrai que l’affirmation On est bien là en train de faillir à nos devoirs et nous continuons à nous désintéresser de nos responsabilités.

On est bien là, Devant des personnes qui nous dirigent comme si nous étions issus de la dernière génération à vivre au Cameroun Comme si juste après eux, s’abattait un gros déluge. Nous prenons également sur notre dos, la responsabilité de ce massacre, de ce complot. Alors lorsque l’on se retrouve avec une jeunesse sans repère, sans référence dont le seul credo est l’argent facile, l’argent volé et caché par le père ou la mère au-dessus de l’armoire ou l’on peut puiser à souhait ; il est inutile de venir chanter la farandole pour dire que c’est une situation déplorable ou inimaginable.

Chaque choix de société à ses conséquences. Si l’homme avait été créé immortel, il est indiscutable qu’il vivrait encore aujourd’hui comme à l’âge de la pierre taillée, parce que, sachant qu’il a pour lui l’éternité, il laisserait le temps au temps et remettrait toujours à plus tard ce qu’il pourrait faire sur-le-champ. C’est cette logique qu’on veut aujourd’hui nous imposer, puisque, après plus de quarante ans au pouvoir dont vingt sept (33) à la magistrature suprême, les affidés du Nom Ngui nous demandent encore de leur laisser une seconde chance, soit d’investir une fois de trop à fonds perdus dans des affaires sans fondement soit de jouer au dilatoire en se maintenant au pouvoir. Les camerounais sont fatigués. Vraiment ! vraiment fatigués

Journaliste: Mathias Eric Owona Nguini

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