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Graves révélations sur les conditions de détention à la prison centrale de Yaoundé

Un détenu de la prison centrale de Yaoundé, au Cameroun, a filmé sa détention dans une cellule d’isolement, où il est resté pendant 40 jours en novembre 2017. Dans ces images rares, il montre une pièce sans lit, sans fenêtre et sans toilettes, où il dit être tombé gravement malade.

Notre Observateur, un Camerounais condamné il y a une dizaine d’années pour détention d’armes, a réussi à filmer en cachette une cellule d’isolement. Pour se faire, il a reçu l’aide de plusieurs amis prisonniers, restés dans les quartiers “classiques” de la prison. Ce type de cachot est réservé aux détenus punis par les autorités pénitentiaires pour avoir commis une faute.

Notre Observateur nous a transmis une vidéo de 30 secondes, où il nous fait visiter sa cellule d’environ six mètres carrés. Elle ne contient ni lit ni matelas.

“J’ai été condamné à rester dans cette cellule parce que j’avais soi-disant organisé une bagarre dans la prison, ce que je nie. Je me trouvé voué à la famine, à la soif, au manque de soins de santé. Je vis dans l’obscurité et la saleté, j’ai du mal à respirer. Je suis en fait dans un petit réduit, condamné à mener une vie au ralenti.”

“Avec mes pas titubants et mes larmes, je souhaite révéler ma condition actuelle et informer le monde. Le plus triste et injuste dans tout ça, c’est que les prisonniers riches et puissants, les anciens ministres par exemple, ne subissent jamais ce genre de punition. Ils vivent dans des quartiers séparés, où ils jouissent de toute une série de privilèges.”

Notre Observateur a indiqué avoir pu sortir de sa cellule pendant 24 heures à la fin du mois de novembre pour être soigné. Il a affirmé souffrir de palpitations cardiaques, selon lui causées par le fait d’avoir dormi pendant six semaines à même le sol.

La prison centrale de Yaoundé a été construite en 1968 pour 1000 détenus. Aujourd’hui, elle accueillerait environ 5000 personnes, selon notre Observateur Gustave, qui a témoigné dans cet article. Les derniers chiffres officiels donnés par le ministre de la Justice en 2015 dénombraient 4 234 prisonniers.

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